Mme de Sévigné est devenue un grand écrivain presque sans le vouloir et sans le savoir. Ses lettres sont nées de sa conversation, vive, enjouée, coulant de source, dont elle a su conserver, ? l'intention de ses correspondants, la succulente spontanéité. Lettres de la ville, lettres de la cour, lettres de Bretagne, lettres au cousin Bussy. Lettres surtout ? sa fille, les plus belles apr?s le départ de Mme de Grignan pour la Provence o? son mari était nommé lieutenant-général. ? La passion parle l? toute pure ?, comme aurait dit Alceste et comme le dira un personnage de Proust : ? Ce que ressentait Mme de Sévigné pour sa fille peut prétendre beaucoup plus justement ressembler ? la passion que Racine a dépeinte dans Andromaque ou dans Ph?dre que les banales relations que le jeune Sévigné avait avec ses maîtresses.